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Géothermie en Suisse : sondes verticales, collecteurs horizontaux, nappe phréatique

Les trois technologies géothermiques de surface en Suisse : sondes verticales, collecteurs horizontaux et nappe phréatique. Principe, dimensionnement indicatif et conditions d'autorisation.

6 mars 2026·5 min de lecture·Notivia

La géothermie de surface couvre les installations qui prélèvent la chaleur dans les premiers 400 mètres du sous-sol — c'est le domaine des PAC sol-eau résidentielles et tertiaires. Trois technologies coexistent, chacune avec ses conditions d'application propres.


Les trois technologies

Sondes géothermiques verticales

Le principe : des forages verticaux de 80 à 400 m de profondeur, dans lesquels circule un fluide caloporteur (eau glycolée). La chaleur extraite du sol est cédée à la PAC via un échangeur.

Avantages :

  • Faible emprise au sol (2–4 forages de 10–15 cm de diamètre)
  • Température de source stable toute l'année (8–12 °C à 100 m)
  • Compatible avec les terrains rocheux (bonne conductivité thermique)

Dimensionnement indicatif : L'extraction thermique varie selon la géologie. Valeurs de référence SIA 384/6 :

  • Roche dure (granite, calcaire) : 50–80 W/m de sonde
  • Sédiments secs : 20–40 W/m
  • Sédiments saturés : 40–60 W/m

Pour une maison de 150 m² SRE avec besoins de 14 kW :

Longueur totale = 14 000 W / 50 W/m = 280 m
→ 2 sondes de 140 m ou 3 sondes de 95 m

Contraintes :

  • Autorisation cantonale de forage obligatoire
  • Carte des zones d'exclusion géothermique à consulter (plateformes cantonales RUDAZ, portails géologiques)
  • Accès foreuse (camion 10–15 tonnes) nécessaire

Collecteurs horizontaux

Le principe : des tubes horizontaux enterrés à 1,2–1,8 m de profondeur dans le jardin. Surface requise : 1,5 à 3× la surface chauffée du bâtiment.

Avantages :

  • Pas de forage profond → moins réglementé
  • Coût d'installation inférieur aux sondes
  • Technologie simple et robuste

Dimensionnement indicatif :

  • Besoins thermiques du bâtiment : 14 kW
  • Extraction spécifique : 10–25 W/m² selon sol et région
  • Surface requise : 14 000 / 15 = ~930 m²

Inconvénient principal : une grande surface de terrain est nécessaire, libre de toute construction. La végétation au-dessus des collecteurs est limitée (arbres exclus, pelouse ou prairie recommandée).

Nappe phréatique

Le principe : prélèvement d'eau souterraine via un puits de pompage, transfert de chaleur à la PAC, reinjection de l'eau refroidie dans un puits de réinjection ou dans la nappe.

Avantages :

  • Très haute performance (eau à 10–12 °C toute l'année)
  • SCOP typique 5,5–7,0
  • Installation compacte (deux forages ponctuels)

Contraintes importantes :

  • Qualité de l'eau : eau calcaire → entartrage de l'échangeur ; eau ferreuse → colmatage du puits de réinjection
  • Débit minimum requis (typiquement 0,3–0,5 m³/h par kW de puissance PAC)
  • Autorisation de prélèvement sur nappe phréatique (autorité cantonale des eaux)
  • Distance minimale entre puits de pompage et de réinjection (10–30 m selon débit)

Les autorisations : ce qu'il faut demander

| Technologie | Autorité compétente | Délai typique | Documents requis | |-------------|-------------------|---------------|-----------------| | Sondes verticales | Service cantonal des eaux / énergie | 4–12 semaines | Demande de forage, schéma, rapport géologique si requis | | Collecteurs horizontaux | Commune (annonce simple dans la plupart des cantons) | 2–4 semaines | Plan d'implantation, fiche technique | | Nappe phréatique | Service cantonal des eaux | 6–16 semaines | Étude hydrogéologique, test de pompai si requis |

⚠️ Commencer les travaux géothermiques sans autorisation expose à une obligation de remise en état à frais propres. Le forage illicite peut aussi contaminer la nappe — conséquences civiles et pénales possibles.


Zones d'exclusion : où la géothermie est interdite

Des zones d'exclusion ou de restriction géothermique existent dans chaque canton :

  • Zones de protection des eaux souterraines (S1, S2, S3) : forages et collecteurs généralement interdits
  • Zones karstiques : risque de contamination des eaux souterraines — restrictions spécifiques
  • Zones sismiques sensibles : certains forages profonds peuvent déclencher une microsismicité
  • Sous-sols pollués (anciens sites industriels) : restrictions selon le type de pollution

Comment vérifier : les cantons disposent de portails cartographiques interactifs (géoportails cantonaux) qui permettent de visualiser les zones d'exclusion géothermique à l'adresse du projet.


👉 Vérifier la faisabilité géothermique avec Notivia

L'outil Guide géothermie de Notivia aide à évaluer la faisabilité selon l'adresse, le canton et le type de sol, et génère le dossier de demande d'autorisation.

Les résultats fournis sont des estimations indicatives destinées au pré-dimensionnement. Ils ne se substituent pas aux calculs d'un ingénieur qualifié.

Accéder à l'outil Guide géothermie →


Sources officielles

  • SIA 384/6 — Sondes géothermiques verticales pour PAC
  • Géothermie-Suisse : geothermie-suisse.ch
  • OFEN — Carte géothermique suisse : map.geo.admin.ch
  • Portails cantonaux des eaux (par canton)

FAQ — Technologies géothermiques

Peut-on combiner sondes et collecteurs pour un même bâtiment ? Oui techniquement. En pratique, on choisit généralement l'une ou l'autre selon le terrain disponible. Un système hybride (sondes courtes + collecteurs) peut être pertinent si ni l'une ni l'autre technologie ne suffit seule.

Quelle profondeur de sonde est optimale ? Plus profond = meilleur rendement thermique (température plus stable). Mais au-delà de 200–250 m, le coût de forage augmente fortement. La profondeur optimale dépend de la géologie locale et des besoins.

Les sondes géothermiques s'épuisent-elles avec le temps ? Sur le long terme (> 25 ans), une extraction excessive peut refroidir légèrement le sous-sol autour des sondes. Un dimensionnement conforme à la SIA 384/6 garantit une récupération thermique suffisante entre les saisons. En pratique, les installations bien dimensionnées ne montrent pas de dégradation significative sur 30 ans.

La nappe phréatique est-elle disponible partout en Suisse ? Non. Elle est accessible dans les plaines fluviales (plateau suisse, vallées du Rhône, du Rhin, de l'Aar) mais absente ou trop profonde dans les régions de montagne ou de roche dure. Le service cantonal des eaux peut indiquer la profondeur et le débit probable.

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